Site Loader

Hello !!

Aujourd’hui c’est le grand jour. Je vais vous présenter nos Osmies (hyménoptères). Mais qu’est-ce que c’est ? Il s’agit des différentes espèces d’abeilles sauvages, en majorité des osmies cornues, mais il y a aussi quelques osmies rousses, bicolores, des abeilles cotonneuses ou des mégachiles….

Photo K – Osmie cornue mâle entrain de se réchauffer sur mon doigt pendant que l’on jardine.
Photo K – Abeille cotonneuse

Une grande histoire d’amour nous lie à ces insectes en voie de disparition ; ils ont adopté notre hôtel à insectes et nous, nous les avons adoptés.

Pollinisatrices, les osmies sont des auxiliaires indispensables du jardinier et un insecte indispensable à la vie humaine sachant que 80% des denrées alimentaires dépendent de la pollinisation des abeilles.

Elles font partie de la biodiversité au jardin, à préserver aussi bien en ville et qu’à la campagne.

Comme elles sont majoritaires, je vais vous parler plus particulièrement des osmies cornues.  Elles sont appelées « cornues » car elles possèdent 2 appendices sur le front qui ressemblent à des cornes. Ce sont les premières qui apparaissent dès la fin de l’hiver (mi-mars). On peut en observer jusqu’en juin.  Ce sont des insectes totalement inoffensifs.

Les mâles sortent en premier et ont une frimousse blanche (oui, oui on dirait des petits lapins :D) après quelques jours à 11°C. Ils sont plus petits que les femelles qui elles ont une tête noire et mesurent entre 12 et 15 mm. Elles sortent plus tard lorsque les températures atteignent 13°. Elles ont un abdomen à poils roux et un thorax à poils noirs. Une brosse ventrale de poils roux leur permet de récolter le pollen.

Photo K – Mâle d’osmie cornue (tête blanche)

Elles visitent une grande variété de fleurs et assurent la pollinisation des fleurs précoces comme celles des arbres fruitiers : les prunus, cerisiers… Une osmie peut polliniser plus de 5 arbres à elle toute seule.

Dans la nature, les osmies vivent dans des galeries ou branches creuses de 5 à 8mm de diamètre – ou bien dans les trous de fenêtres des habitations. C’est d’ailleurs ce qui leur vaut le surnom d’abeille maçonne.

Chez nous, elles se sont établies dans l’hôtel à insectes constitué de branches de sureau de diamètre 8mm (moelle blanche) et de 12 cm de long.

Dès le 15 mars environ (11°C) les mâles sortent en premier de leur nid situé dans une branche. Les nids d’osmies sont constitués de cellules cloisonnées et les mâles sont situés exclusivement dans les cellules à l’avant du nid (œufs non fécondés). Les femelles sortent ensuite (13°) car les œufs sont pondus dans les cellules à l’arrière.

Une fois sortis, les mâles et les femelles s’accouplent, les mâles meurent peu de temps après (15/20 jours de vie environ) et les femelles jouent une course contre la montre pour pondre afin d’assurer leur descendance.

Photo K – Accouplement, on voit la tête noire de la femelle (en dessous)

Une fois fécondée, pour trouver un nid, les femelles cherchent une galerie avec un trou adapté à sa taille, le nettoient et y construisent ces cellules où elles pondent. Les femelles font alors des allers- retours incessants entre leur trou et les fleurs nourricières.

Une cellule est constituée d’un fond en boue puis d’une bouillie de pollen, de salive et de nectar récoltés, l’œuf est pondu dessus et le pollen servira de nourriture à la larve. La femelle meurt quelque temps plus tard.

Photo K – Galerie d’osmie cornue dans un tube d’observation

L’œuf éclot au bout de 7 jours – la larve apparaît et se développe au fur et à mesure (plusieurs mues) grâce aux réserves alimentaires laissées par la mère lors de la ponte. 40 jours après, elle tisse ensuite un cocon et se transforme en nymphe. C’est le temps de la diapause (comme une hivernation) jusqu’au printemps suivant pour donner vie à de nouvelles osmies qui referont leurs nids dans le même hôtel.

Bien sûr, les osmies ont quelques prédateurs : les oiseaux, la drosophile, d’autres insectes et surtout l’homme qui par méconnaissance et peur tue certaine osmie…

Photo K – Différents stades de développement d’un parasite d’osmie qui a pris sa place dans la galerie
Photo K – la drosophile

Les osmies : de super indicateurs météo. Les osmies sortent uniquement les jours ensoleillés > osmies dehors = soleil !!!!!

Il est très intéressant de les attirer grâce à un hôtel à insectes tant pour la pollinisation, que pour la préservation de la biodiversité, mais aussi car c’est une espèce très facile à observer.

Photo K – Hôtel à insectesavec différents types d’habitats

Les hôtels à insectes, véritables refuges pour la biodiversité, servent de gîte aux insectes de votre jardin ou sur votre balcon : des auxiliaires qui vous aident au jardin ; en effet nous n’accueillons pas que des osmies, mais aussi des papillons (qui hibernent), des perce-oreilles, des cloportes, des syrphes (famille des mouches), des coccinelles, des chrysopes, des araignées – des mantes religieuses (dans les fleurs)….

Photo K – Mante religieuse verte  sur le balcon
Photo K – Abeille charpentière sur un cosmos du balcon (2017)

Certains sont des pollinisateurs comme les osmies et les papillons et vous permettent d’avoir des fruits, d’autres sont des prédateurs de pucerons comme les larves de coccinelles, les coccinelles et les chrysopes par exemple.

Un hôtel à insectes ne demande pas d’entretien particulier. Au départ vous achetez en jardinerie, ou vous fabriquez votre hôtel (encore plus valorisant surtout avec les enfants – ne pas utiliser de bois traité – pas de tiges de résineux sauf pour le pourtour (ex :  du douglas bien résistant) et bien sûr il est vide…. Pas besoin de mettre une annonce de location sur internet … les insectes y viendront tous seuls s’ils s’y sentent bien. Pour cela, il faut également prévoir le couvert pour vos petits protégés : une variété de fleurs et plantes/arbustes, haies dans votre jardin, ex : du saule mâle (avec les pompons jaunes pour les osmies),  des rosiers pleins de pucerons pour les coccinelles, des fleurs pour chaque saison, des jachères fleuries…. Chose toute simple, Il faut aussi penser à garder une pelouse / prairie avec des herbes sauvages – trèfles, pissenlit, pâquerettes, lierre rampant.  Prévoir une tonte haute (>8cm) et peu fréquente >> un gain de temps pour profiter d’autres loisirs.

Cette variété végétale vous permettra également d’accueillir d’autres auxiliaires comme les oiseaux,… et  ainsi de vous lier avec la nature pour avoir un beau jardin toute l’année sans produits phytosanitaires.

L’hôtel sera colonisé saison après saison.

Voilà, vous connaissez nos osmies et autres insectes « de compagnie » maintenant. Je vous incite fortement à installer un hôtel à insectes dans un coin de votre jardin ou sur votre balcon pour vivre cette belle expérience ! Si vous avez des questions, n’hésitez pas à me contacter, j’y répondrai avec plaisir !

W.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Suivez-nous